IBIS Archéologie Sous-Marine et Subaquatique AGDE
IBISArchéologie Sous-Marineet SubaquatiqueAGDE

OCCUPATION HUMAINE ET PALEO ENVIRONNEMENT DU DELTA ANCIEN DE L’HERAULT : FOUILLES PROGRAMMEES  SUBAQUATIQUES

 

IBIS et la recherche archéologique subaquatique

 

Le développement de la recherche subaquatique dans le fleuve Hérault, après plusieurs phases de prospections autorisées par le Ministère de la Culture, est actuellement concrétisé par la réalisation de trois fouilles programmées dans la région agathoise.

 

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L’Association IBIS d’Agde est à l’origine de ces recherches. Elle réunit des archéologues-plongeurs, professionnels ou étudiants. Son périmètre d’action est la fouille archéologique et la formation professionnelle au Certificat d’Aptitude à l’Hyperbarie. IBIS, conventionné avec le Musée de l’Ephèbe et d’Archéologie sous-marine de la ville d’Agde, associe ses recherches à  celles du  laboratoire Archéologie des Sociétés Méditerranéennes (UMR 5140) de Lattes-Montpellier. Elles s’inscrivent ainsi dans un axe thématique du Labex ARCHIMEDE (programme IA-ANR- 11- lABX - 0032-01) et collaborent au programme DYLITAG (dirigé par B. Devillers), qui vise à la restitution du paléo-environnement et de l’anthropisation du territoire agathois depuis le début de l’holocène. Les résultats de ses recherchent alimentent les travaux de plusieurs  étudiants montpelliérains (Masters et Thèses) et de chercheurs issus d’autres institutions du Midi de la France tels que le Centre Camille Jullian (UMR 7299, Aix-en-Provence), le laboratoire TRACES (UMR 5608, Toulouse), l’Institut Méditerranéen d'Ecologie et de Paléoécologie (UMR 6116, Aix-en-Provence), le Centre de Bio-Archéologie et d'Ecologie (UMR 5059, Montpellier) et le Musée de l’Ephèbe.

 

Trois opérations de fouilles subaquatiques

 

Dès à présent trois opérations de fouilles archéologiques permettent de mesurer les modalités et la chronologie de l’occupation de la  basse plaine littorale de l'Hérault. La région agathoise est à partir de 2000 ans avant notre ère une vaste lagune protégée et alimentée en eau douce par le fleuve dont le tracé évoluait encore à cette époque en fonction de pulsations sédimentaires  (crues sur le bassin versant). Elle formait un large delta lagunaire dont les contours ne sont pas encore totalement définis. Celui-ci et ses proches abords ont été  précocement peuplés et le fleuve en est l’axe de développement reliant un arrière pays actif et la mer d’où provient par pulsion depuis le Néolithique ancien  des innovations culturelles fortes. Le fleuve et cet espace tiennent une place particulière, lors  des apports des cultures  méditerranéennes protohistoriques et antiques. L’origine de la ville d’Agde, de son port et de son développement sont liés.

 

Ce sont ces derniers temps de la Protohistoire et de l’Antiquité qui sont actuellement explorés par les plongeurs d’IBIS. Les vestiges archéologues établissent la présence de populations  intégrées dans un cadre environnemental très finement décrit grâce aux conditions de conservation exceptionnelles du milieu aquatique. Elles concernent la Protohistoire et la période antique.  Les premières études permettent de montrer que la transformation des paysages a pu remettre en cause des systèmes économiques et culturels fondés sur la permanence des milieux.

 

La Motte est un établissement palafittique de l’âge du Bronze (IXe s. / VIII e s. avant notre ère) dont la superficie totale est estimée à près d’un hectare. Il fait l’objet de fouille depuis 2009. Il est situé dans la portion du fleuve qui supplée au canal du midi au nord de la ville d’Agde. Son état de conservation est exceptionnel dans le sud de la France.  Il était à l’origine installé en bordure d’une ancienne lagune avant que les sédiments apportés par le fleuve ne viennent colmater cette partie de la basse vallée de l’Hérault. Les vestiges, dont l’immersion sous 5 m d’eau douce assure un excellent état de conservation, comprennent plus de 450 pieux, appartenant à des aménagements de berges et  au regroupement de quelques habitations sur des sols remblayés. Les très nombreux éléments organiques (graines, charbons, insectes, coquillages, etc.) autorisent une restitution très précise de l’évolution du milieu naturel et des activités menées sur le site. Le mobilier céramique, très abondant et bénéficiant également d’un excellent état de conservation, a permis de préciser la chronologie et l’identité culturelle des populations de la fin de l’âge du Bronze qui l’ont occupé. La stratification du site, conservée sur plus de 2,30 m, témoigne de la vie quotidienne des populations de la lagune d’Agde  quelques siècles avant la colonisation grecque.

 

Le site de La motte II, entre le canal du midi et le pont de la voie ferrée qui borde le Château Laurens, est en cours d’étude. Il  réunit les caractéristiques d’un ancien débarcadère antique ou du moins une zone de déchargement de marchandises. La série de structures et le mobilier associé ont été localisés sur une zone d’environ 130 m de long en bordure de la berge actuelle, à une profondeur comprise entre 3,20 m et 5,20 m. L’ensemble de ce matériel est daté entre le IIe s. et le Ier s. av. J.-C. La présence de coquilles d’huitre accrochée à un grand nombre de blocs de basalte indique que les empierrements ont du séjourner dans de l’eau saumâtre ou salée et, par conséquent, que l’embouchure de l’Hérault pouvait se trouver bien plus en amont qu’aujourd’hui. Dans le prolongement du site sur la rive droite du fleuve une opération de diagnostic archéologique en 2015 poursuivie en 2016 (utilisation d’un radar) est menée (Belle-Île) qui livre des indices chrono-culturels concordants.    

 

Daté de la fin du IIe s. / début du Ier S. av. n. è., la  nature du  site de Mermian, en amont du fleuve, n’est pas encore clairement caractérisé après une première campagne de fouille en 2015 et une autre en 2016 non encore réalisée : épave d’embarcation fluviale, passage à guet, habitat de bord de berge, débarcadère fluvial, dépotoir antique, etc. Quatre sondages réalisés sur le site indiquent la présence d’un important dépotoir d’amphore (18 m2 / 30 - 40 cm d’épaisseur) sur les berges d’un probable passage à guet. Sur la rive opposée ont péris la découverte de fragments de céramique qui pourraient indiquer une possible occupation contemporaine, tandis que la présence de traces effectives d’un ancien pillage sur le site de fouille incite à la plus grande prudence sur l’absence définitive d’une épave antique.

 

Un projet environnemental et culturel

 

L’activité  pluridisciplinaire de la  recherche d’IBIS   a pour objectif réunir et de participer au traitement des données issues de l’abondante documentation archéologique issue des fouilles programmées de La Motte, La Motte II/Belle île et Mermian, tant sur le plan de la culture matérielle des divers sites que sur celui du paléo environnement  avec des archives sédimentaires naturelles ou géo archéologiques (géomorphologie, palynologie, micropaléontologie). Elle s’inscrit dans un projet de restitution environnemental et anthropologique et d’histoire de la basse vallée d’ l’Hérault.

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